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Prisonniers de guerre et secret ébruité : pourquoi l'Ukraine et la Corée du sud sont en pleine brouille diplomatique
information fournie par Boursorama avec Media Services 30/09/2026 à 11:22

Le transfert de deux prisonniers de guerre nord-coréens d'Ukraine en Corée du Sud, révélé par le président ukrainien Volodymyr Zelensky à la tribune des Nations unies la semaine dernière, a entraîné une brouille diplomatique entre Kiev et Séoul, qui souhaitait garder le secret. Voici ce que l'on sait de ce différend entre les deux pays.

Le président sud-coréen Lee Jae Myung, à l'Assemblée générale de l'ONU, à New York, le 22 septembre 2026 ( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / MICHAEL M. SANTIAGO )

Le président sud-coréen Lee Jae Myung, à l'Assemblée générale de l'ONU, à New York, le 22 septembre 2026 ( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / MICHAEL M. SANTIAGO )

Qui sont les deux prisonniers ?

Les deux hommes ont été capturés par l'armée ukrainienne l'année dernière après avoir participé à des combats aux côté des forces russes.

Un contingent de milliers de soldats nord-coréens a été envoyé par Pyongyang en l'échange d'une assistance économique et militaire de Moscou, pour combattre aux côtés de l'armée russe essentiellement dans la région russe de Koursk frontalière de l'Ukraine et où des forces de Kiev avaient fait incursion.

L'un a dit avoir été appelé à 17 ans et servir dans une unité de reconnaissance. Les deux ont exprimé le souhait de rejoindre la Corée du Sud, laquelle a de son côté demandé leur transfert.

Le président ukrainien a déclaré qu'ils n'étaient "pas faciles à capturer vivants", affirmant que les soldats nord-coréens préféraient souvent se donner la mort.

Pourquoi Séoul est mécontent ?

Le président Lee Jae Myung a déclaré que les deux pays avaient convenu de garder le secret sur le transfert des deux prisonniers, et qualifié la décision de Volodymyr Zelensky de la rendre publique de "très décevante".

La Corée du Sud a affirmé que la nécessité de garder le secret sur ce transfert était motivée par la sécurité des familles des deux hommes en Corée du Nord.

Ceux-ci sont identifiables, ayant été photographiés par des médias sud-coréens avant leur arrivée.

Leurs familles sont désormais "certaines d'être persécutées", a estimé Cho Seong-ryoul, un ancien conseiller politique de la présidence sud-coréenne.

Que va-t-il advenir des deux prisonniers ?

Les déserteurs nord-coréens sont habituellement interrogés par les services de renseignement du Sud, avant d'être envoyés à Hanawon, un centre de réadaptation, pour environ trois mois.

Ils y apprennent comment fonctionnent la société sud-coréenne et l'économie de marché, de l'ouverture d'un compte en banque à l'utilisation des services de santé.

Compte tenu des circonstances, les deux prisonniers transférés par l'Ukraine devraient être hébergés "séparément des déserteurs nord-coréens ordinaires, peut-être dans un endroit secret et sûr ou près d'un hôpital militaire s'ils ont besoin de soins", a dit à l'AFP Ahn Chan-il, un chercheur originaire du Nord.

Comment Pyongyang va réagir ?

La Corée du Nord est réputée pour réprimer les déserteurs et leur famille.

Mais selon Hong Min, de l'Institut de la réunification coréenne, Pyongyang pourrait choisir de temporiser, par crainte des réactions des familles d'autres soldats déployés en Russie.

Si le Nord choisit de punir les familles des prisonniers et si cela se sait, cela "pourrait provoquer la révolte des familles d'autres soldats", selon lui.

Quel effet sur les relations Kiev-Séoul ?

La Corée du sud est devenue ces dernières années, notamment depuis l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022, un important exportateur d'armements.

Elle a conclu des accords portant sur des milliards de dollars d'armements avec la Pologne, membre de l'Otan et de l'UE voisin de l'Ukraine. Mais elle a évité de livrer des armes létales à l'Ukraine, invoquant une politique de longue date constistant à ne pas livrer d'armes à des pays en guerre.

L'Ukraine, pilonnée par les drones et les missiles balistiques russes, a également demandé à la Corée du Sud des équipements de défense antiaérienne, mais Séoul n'a pas répondu à ce stade.

La dispute survenue à propos des prisonniers pourrait rendre la Corée du Sud encore plus réticente, selon Lim Eul-chul, un professeur de l'Université Kyungnam. "Les livraisons d'armes requièrent un degré de confiance extrêmement haut, et l'initiative de Zelensky pourrait rendre Séoul encore plus prudent", a-t-il dit à l'AFP.

2 commentaires

  • 12:30

    livre : le rescapé du camp 14


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